lundi 14 novembre 2011

Arriver vite chez eux pour dire au revoir aux garçons et pleurer en cachette, avant de m'envoler à New-York avec lui

Je ne suis pas venue poser mes sentiments ici depuis trois semaines qui m'ont semblé être trois rapides années ! J'en étais restée à Jean-Louis Fournier, aux allers-retours au Marchepied, à tous mes projets. Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être plus grande alors. J'ai couru, couru le 27 octobre au soir dernier. J'ai couru après le conseil d'administration pour arriver avant qu'ils ne soient couchés. A peine arrivée, complètement excitée, leur maison semblait très calme, beaucoup plus que je ne l'étais. Marceau passait entre leur cuisine et l'entrée, et se jetait dans mes bras, en faisant ses tout premiers pas...Un signe!, m'écriais-je au dedans. Et puis nous les avons couchés. Un torrent de lave dans mon corps. Et puis je suis montée. Seule. Pour la première fois depuis qu'ils sont nés, j'allais m'envoler loin, très loin. Pour la première fois depuis qu'ils sont nés, j'allais les laisser. Longtemps, assez longtemps je trouvais ! Mais pas trop non plus pour une toute première fois. Je suis montée, et malgré tout le sédatif PC ingéré, rien n'aurait pu me calmer. J'avais du mal à ne pas m'éterniser. Je les ai serrés. Surtout Octave, plus âgé, peut-être plus à même de partager ce moment avec moi. J'ai susurré des "Au revoir" par milliers... En tirant la porte, j'ai eu énormément envie de pleurer. Et bien avant d'ailleurs. Terrifiée par l'avion. Terrifiée par les turbulences, terrifiée de mourir noyée, et de ne jamais les retrouver.

Et puis nous sommes rentrés. Contre toutes mes attentes et ma déraison, nous les avons retrouvés. Et c'était tellement bien cette séparation, tellement bon d'être cinq longs jours qui nous ont semblé cinq longs mois à des milliers de kilomètres de là. S'en prendre plein la vue, se faire mouiller par la neige qui n'est d'habitude jamais là à cette saison, ne rien comprendre à certaines installations du MoMA et en rigoler, commander des tonnes de "vegatables" bio dans un diner downtown à croquer, boire une bouteille de chardonnay étranger et repartir complètement gais, s'extasier, discuter de Sarkozy avec le chauffeur de taxi, renforcer notre complicité, être dégoutée par l'emplacement du Bacon au musée, mettre un peu nos enfants de côté, se réveiller à 5h du mat' super excitée, manger une "slice" de pizza recouverte de fromage plastifié, tripoter des billets verts avec mes mitaines en laine trouées, voir la tronche des touristes agglutinés pas loin de la statue de la liberté, et s'étonner d'avoir envie de rentrer pour retrouver ma vie de qualité...

J'ai adoré, il a adoré, nous avons adoré. Depuis notre retour, je l'aime comme jamais.

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Posté par Hope Home à 15:41 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Arriver vite chez eux pour dire au revoir aux garçons et pleurer en cachette, avant de m'envoler à New-York avec lui

    J'aime cet article ( comme les autres d'ailleurs ! )
    Parfois, cela fait du bien de laisser nos enfants, de se prendre du temps pour soi, de se retrouver .. J'aime éperdument ma fille, mais parfois je ressens le besoin de m'évader, de faire quelque chose pour moi et de m'occuper de moi. Je comprends tes sentiments, nos enfants sont tout pour nous.
    Très jolies photos !

    Posté par Mélanie, mardi 15 novembre 2011 à 22:34 | | Répondre
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