mercredi 5 septembre 2012

Rentrer chez nous après trois semaines de vacances et ne plus reconnaître la maison.

J'ai apprécié partir pendant plus de vingt jours. Tout autant apprécié de retrouver mon statut d'amoureuse. Il a gardé sa barbe si sexy pendant toutes nos vacances. Je l'ai désiré pendant toutes les vacances. Nous avons roulé en voiture, beaucoup, et parcouru au total plus de 3000 kms tous les quatre, ensemble. Nous nous sommes disputés au départ, surtout. Pour des pacotilles. Nous nous sommes disputés, puis plus rien. Un désert d'amour et de tranquilité pendant plus de vingt jours.

Dieu que c'était bon. Les petits ont sauté au moins 178 fois dans la piscine. J'ai fait du canyoning comme j'irai en shopping. Mais sans les talons. L'eau était si clair, si pure. J'ai adoré me baigner dans ces bassins naturels glacés. J'ai adoré sentir mes jambes bouillir de froid après m'être trempée. Les voir rougir comme des folles. J'ai été saisie par l'eau comme jamais. J'ai sauté de 7 mètres de haut et crié en attendant que mes doigts de pied frôlent enfin la surface liquide. J'ai aidé maman à cuisiner, un peu, beaucoup, passionément. J'ai dévoré la terrine de chèvre et les poivrons marinés, par dizaines. J'ai cette année encore refusé de goûter les huîtres Gillardeau, et j'ai regardé Lolotte et mon Sticot s'en empiffrer, sous mes yeux, en tartinant allègrement mes grosses tranches de pain de beurre demi-sel aux algues. J'ai pensé aux livres que je lis trop lentement. J'ai pensé au moins 90 fois à la mort. 90 fois en plus de 20 jours, mais tant pis. J'ai passé ma main à la fenêtre de la voiture de papa et senti l'air chaud du sud contre mon bras tout entier. J'ai braillé comme une gamine quand nous avons longé le lac entre Narbonne et Leucate, juste au moment où l'ont aperçoit la brume dans les montagnes des pyrénées. J'ai braillé comme une gamine et excité mes petits garçons assis sur la banquette arrière, quand nous n'étions plus qu'à une demie-heure de chez papa et maman. J'ai serré mes frères fort dans mes bras. J'ai fait le jeu du "j'ai jamais" avec eux et découvert des détails drôles sur leur vie intime. Je me suis sentie alors intime d'eux, et j'ai aimé fort ça. J'ai ri et bu au moins 5 litres de ti'punch pendant nos vacances. J'ai acheté un maillot en marinière dis fois trop petit parce-que je n'aime plus du tout essayer les vêtements dans les cabines puantes des magasins. J'ai acheté une robe blanche plus longue que moi, un shampooing Kiehls, un gel douche aux laits d'ânesse et de jument et au rhassoul, une paire de chaussures Anniel en promotion pour mon amoureux, plein de tisanes. J'ai insulté le vendeur de la boutique de chaussures et ai eu envie de le frapper violemment. J'ai compris qu'Octave avait compris qu'un jour nous allons devenir des papi et mamie son papa et moi. Je n'ai pas fait toutes les activités de ma liste. Je ne suis pas allée faire des bouquets de chardon. J'ai commencé à accepter doucement le fait de ne pas vouloir tout vivre à court terme. J'ai fait des recherches sur le baptème juif, et j'ai discuté de mes envies d'avoir un enfant de chaque religion. J'ai rendu visite à papi Loulou et papi Michel. Et puis je m'en suis voulue de ne pas être allée assez voir papi Michel. J'ai pleuré plein de fois après être allée voir papi Loulou. J'ai réalisé qu'il pouvait nous quitter. Je lui ai massé les jambes avec Pauline, je lui ai coupé les cheveux. Qu'est-ce que je me suis sentie vivante. J'ai bien senti que papa et maman étaient un peu moins amoureux. J'ai peins le mur du fond en gris foncé avec les gars. Je n'ai pas eu la force de sortir, à cause de la fatigue, et j'ai déçu Arthur. J'ai mangé des brochettes de poulet à la crème de sésame grillé sur la plage avant de faire des photos lunaires du sable avec ma soeur. J'ai eu peur de rentrer. De retrouver notre état normalo-quotidien-annuel. Parce-que pour moi, la vie c'est pas ça.

J'ai trop aimé perdre mes repères. J'aime perdre mes repères. Je veux vibrer, bouillir, m'aventurer, me risquer. Je veux perdre et je veux gagner. Aimer et détester. Quitter et retrouver. Je ne veux pas d'une vie normale et tranquille. Je veux des grosses vagues.

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Posté par Hope Home à 18:17 - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Rentrer chez nous après trois semaines de vacances et ne plus reconnaître la maison.

    J'aime te lire. Je me reconnais tellement dans tes mots. Viens écrire plus souvent

    Posté par pauline k, jeudi 27 septembre 2012 à 10:04 | | Répondre
  • la vie, quoi

    Posté par Isie, vendredi 28 septembre 2012 à 12:13 | | Répondre
  • Jolies vacances

    Posté par La Loupiote, mercredi 28 novembre 2012 à 22:37 | | Répondre
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