lundi 10 décembre 2012

Croquer une demie-tablette de chocolat noir à la fleur de sel, et redécouvrir ses bras réconfortants.

Dieu que j'ai délaissé mon blog. Mon jardin. Dieu qu'il s'en est passées des choses...Dieu que j'ai pu en baver. Je reviens plus forte, encore grandie. Un peu plus près de la mort, mais renforcée et réfléchie ! J'ai fumé aussi. Encore. Mais je me suis purifiée au yoga, alors...

Pour dire vrai je n'ai jamais cessé d'écrire, mais moins ici. Davantage écrit à des amis. Rattrapé mes coups de fil à la bourre. Couru après mon retard. Pour dire vrai je n'ai pas encore tout à fait trouvé ma voie, mais j'y ai beaucoup songé.
Pour dire vrai, j'ai eu une terrible envie de tout plaquer. De tout arrêter, de tout stoper. Mes envolées, mon quotidien, mes enfants, ma vie dans laquelle j'avais du mal à me retrouver. Adieu mes CDD, adieu mes ongles gribouillés, ma coiffure qui me faisait suer, adieu mon amour, ma famille, ma patrie.

Maintenant, je comprends mieux aussi ce que voulait dire papi Michel, sur son lit au Ruban d'argent, quand il exprimait, d'un air un peu désespéré, son incompréhension quant à notre présence sur terre. Quand il se demandait à haute voix, avec moi comme témoin, juste à côté de lui, ce qu'on foutait bien là. Maintenant, je suis maman aussi. Et je comprends mieux la place et le rôle de ma propre maman qui essayait de rassurer mes angoisses de petite fille. Maintenant que j'habite ce nouveau rôle, cette nouvelle facette, je comprends à mon tour ce que tout cela signifie. Être là et pallier les angoisses de mes propres bébés. Leur dissimuler la vérité qui n'est parfois que cruauté. Cacher une réalité qu'ils ne sont pas encore prêts à accepter.

Maintenant je me souviens aussi d'un jour où elle nous avait demandé ce que tout le monde pouvait bien vouloir dire par profiter de la vie ? PROFITER. Maintenant je suis comme elle. Grosse foutaise. C'est probablement simplement vivre. Vivre cette trêve qui nous est donnée, qui nous colle aux basques, et dont on ne pourra pas se débarasser. Profiter de ce fardeau qu'on aurait préféré parfois ne pas avoir à porter, et qui pourtant peut devenir si léger, jusqu'à carrément disparaître certains jours.

Dieu qu'il est doux de ne plus rien sentir. D'être simplement là comme spectatrice. D'aller à la nuit tombée faire le tour des chambres éclairées par des veilleuses, de remonter une couette épaisse sur le bout de leur nez, de les embrasser et de larmoyer. Doux de faire des projets et de savoir qu'il reste des années pour se réaliser. Doux de se réconcilier après une tempête de cris et le passage fracassant et tempétueux de "maman-gorille". Doux de se caresser simplement après avoir eu envie de se frapper. Doux de se comprendre doucement après s'être injurié. Doux de s'aimer follement après s'être éloigné.

Maintenant, à cet endroit précis, il y a le sapin géant, il y a moi qui me vois de haut en train de m'exciter contre les amas de boules de mes crapauds, il y a moi qui se moque de moi, il y a moi légèrement plus posée, la grosse chienne guérie, il y a Marceau qui va aux toilettes pour faire pipi, il n'y a plus de couches youpiiiii, il y a la fondue qui pue certains soirs dans nos cheveux et ceux de nos amis, il y a les murs de notre salle de bain tout moisis, il y a la nuit qui est déjà tombée quand on rentre à la maison avec les garçons, il y a ma fourrure dans laquelle j'ai bien chaud, mon chignon que j'ai noué à nouveau, il y a mes soucis dont je me fiche un peu plus, il y a lui avec qui je voudrais braver la mort et son éternité, il y a les 16° inside et le fuel qui sent fort, il y a la cheminée qui me manque et le bois qui crépite, il y a ma mère et mon père trop loin, ma soeur et mes frères trop loin, Inès et Marion, les papis, une mamie, il y en a une deuxième d'adoption qui me rappelle celle qui avait la peau des bras pendante à souhait et trop douce, il y a cet endroit précis, celui où coule ma vie.

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